Portrait #6 – Paula, International Network Horsens

Paula

-English Below-

Ma première rencontre avec Paula était virtuelle. Moi dans mon nouvel appartement rue Smedegade et elle dans la chambre de sa fille, avec le cadre d’une princesse Disneyland accroché derrière elle.

Paula est la présidente de INH, International Network Horsens. C’est une association qui collabore avec les institutions locales pour aider les internationaux et les Danois à partager leurs cultures, à se faire de nouveaux amis et à améliorer leur vie professionnelle. C’est donc spontanément que je lui ai écrit dès mon arrivée, avide de faire des connaissances et d’avoir du soutien dans les méandres de l’expatriation au Danemark. Seulement, le Covid-19 traine toujours dans les parages et les évènements du groupe se font rares, voire inexistants. C’est pour cela que Paula m’a proposé un tchat en ligne pour me souhaiter la bienvenue.

Paula est une expatriée du nord de l’Angleterre, proche de Newcastle. Elle a eu la bougeotte entre l’écosse et Paris où elle a vécu la vie de parisienne pendant 1 an, travaillant dans son domaine de prédilection : l’architecture et le bâtiment.

Elle occupait un poste de maître de conférences à l’université de Newcastle quand un collègue lui a demandé de l’accompagner à Horsens pour un échange universitaire. Elle a d’abord dit non car c’était autour des vacances de Pâques et qu’elle était bien trop occupée pour faire ce voyage. Mais il a insisté et insisté encore, jusqu’à ce qu’elle dise oui sans grande envie. Elle reconnait en rigolant qu’elle était plutôt grincheuse lors du départ. L’échange consistait en un groupe d’étudiants sur le sujet des constructions durables et le professeur organisateur de l’université VIA à Horsens est devenu… son mari.

Une rencontre amoureuse qui sort du commun ! Ils ont vécu une relation à distance quelques temps, et puis, finalement, elle s’est installée à Horsens, 2 mois seulement avant son accouchement ! Elle s’est acclimaté à la vie danoise en prenant des cours de langue et en faisant du bénévolat. Aujourd’hui elle donne des cours de construction et d’architecture en ligne pour une université anglaise et a l’air d’être une sacrée pointure en la matière.

Quand je lui ai fait part de mon impatience quant à l’obtention d’un permis travail et de la fameuse carte jaune permettant quasiment tout (avoir un numéro de téléphone danois, un compte bancaire, s’inscrire au cours de langue, emprunter un livre à la bibliothèque …), elle m’a conseillé d’être patiente avec le processus. Et qu’une fois dans le système, j’apprécierai son efficacité.

Et quand je lui ai fait part de mes angoisses concernant ma recherche d’emploi, elle a confirmé mes craintes. Horsens n’est ni Copenhague ni Aarhus, et c’est donc difficile d’y trouver un emploi. Beaucoup échouent, surtout que la priorité est ici de se créer un réseau, ce qui est difficile quand les rencontres s’annulent de jour en jour du fait du Covid-19.

Elle m’a donné des conseils d’expatriée que j’écris ici noir sur blanc pour mieux les assimiler : s’imprégner de la situation d’expat, vivre la ville, respirer l’air du Danemark et prendre le temps, car même aller au supermarché et choisir une brique de lait nécessite des heures – ce que je confirme !

Nous avons aussi parlé de sa perception du Danemark et de Horsens où elle vit maintenant depuis 7 ans.

Les 3 choses qu’elle apprécie au Danemark :

  • La confiance. Tu peux perdre quelque chose ou oublier ton téléphone dans un café, quelqu’un te le ramènera.
  • L’organisation des administrations. Tout est simple, facile, sauf la Poste. Bizarrement beaucoup de courriers peuvent être égarés.
  • Les hommes sont très impliqués dans leurs rôles de pères et participent beaucoup à l’éducation des enfants. Il y a un bon équilibre entre la vie de famille et la vie professionnelle. Les employés quittent souvent leur bureau à 16h, quitte à terminer une fois à la maison.

Ce qui l’agace sur Horsens :

  • Elle est navrée que la mairie ne fasse pas plus d’efforts pour intégrer les conjoints suiveurs. Pourtant c’est une nécessité. Une entreprise qui recrute un « talent » international recrute aussi sa famille et doit s’assurer que le conjoint, qui sont souvent des épouses – bienvenue au 21ème siècle – se construisent elles aussi dans ce projet d’expatriation. Les aider à s’intégrer, à trouver un travail ressemblant à leurs aspirations, à faire valoir leurs compétences et apporter elles-aussi leur plus-value dans une entreprise. Quand je lui relate que la personne de la CCI m’a parlé d’un poste d’aide-ménagère (sait-on jamais, je ne mets pas cette éventualité à la poubelle), elle a trouvé ça ridicule et pense qu’Horsens doit avoir les femmes de ménage les plus qualifiées de tout le Danemark.

Les 3 endroits qu’elle aime à Horsens :

  • La jolie île d’Endelave qui paraît être l’une des plus belles îles du Danemark, une île très nature avec des oiseaux, des phoques et beaucoup de lapins sauvages d’où son surnom « L’île aux lapins ».
  • Le restaurant Pyten avec son panorama donnant sur la Marina.
  • Le port de Snaptun et son ouverture sur le fjord d’Horsens, avec les îles Hjarno et Alrø rapidement accessibles en bateau.

Ses conseils pour apprendre une nouvelle langue pour qu’elle ne ressemble plus à du charabia :

  • Duolingo : j’utilise d’ailleurs l’application et fais mes exercices journaliers. J’apprends en ce moment à dire « Je mange une pomme » ; « Jeg spiser et æble ». Vous pouvez aussi apprendre l’anglais, l’allemand, et même l’espéranto.
  • Swap language : Il y a une partie gratuite où il est possible de rentrer en contact avec d’autres personnes pour discuter. Seulement personne ne m’a répondu depuis 2 semaines. Je pense que le mieux est la partie payante, à 129 couronnes par mois, donc environ 18 euros. Mais je cherche pour le moment les astuces « gratuites », comme échanger mon français contre du danois en dialoguant face à face. 
  • Faire partie d’une association en tant que bénévole. C’est donc grâce à ce conseil que je suis devenue bénévole à La Croix bleue, dans le même esprit qu’Emmaüs.

J’ai enfin rencontré Paula quelques temps après notre vidéo, et sa présence est tout ce qu’il y a de plus bienveillant. Elle aime aider les autres, ça se sent. C’est certainement pour cela qu’elle fait autant de bénévolat.

Merci à elle de permettre aux internationaux une bonne intégration à Horsens, de prendre de mes nouvelles de temps en temps, et de m’inclure dans une future réunion avec la municipalité pour améliorer l’intégration des résidents non-danois.

Et aussi, merci à elle de m’avoir prêté son robot de cuisine car le mien a été oublié en France dans la précipitation ! Cela m’a permis de décrocher un emploi dans un salon de thé. Malheureusement, après la rédaction du contrat et la création des nouvelles recettes à ajouter sur le menu, la patronne du salon de thé a fait marche-arrière. J’en parlerai certainement dans un prochain article quand la pilule sera passée.

A bientôt.

Paula
Paula

My first meeting with Paula was virtual. Me in my new apartment on Smedegade Street and Her, in her daughter’s bedroom, with a Disneyland princess frame hanging on the wall behind her.

Paula is the president of INH, International Network Horsens. It is an association that works with local institutions to help internationals and Danes to share their cultures, make new friends and improve their professional life. So it was spontaneously that I wrote to her as soon as I arrived, eager to meet and have support in the intricacies of expatriation in Denmark. However, the Covid-19 is still hanging around and the group’s events are rare, if not nonexistent. That’s why Paula offered me an online welcome chat.

Paula is an expatriate from the north of England, near Newcastle. She moved between Scotland and Paris where she lived the Parisian life for a year, working in her favorite field: architecture and construction.

She was working as a lecturer at Newcastle University when a colleague asked her to accompany him to Horsens on an academic exchange. She first said no because it was around the Easter Holidays and she was way too busy to make this trip. But he insisted and insisted again, until she said yes without much desire. She admits with a laugh that she was rather cranky when she left. The exchange consisted of a group of students on the subject of sustainable construction and the organizing professor at VIA University in Horsens became… her husband.

A romantic encounter that stands out! They had a long-distance relationship for a while, and then, finally, she moved to Horsens, just 2 months before she gave birth! She acclimated to Danish life by taking language lessons and volunteering. Now she teaches online construction and architecture courses for an English university and seems to be very talented at this.

When I told her about my impatience with obtaining a work permit and the famous yellow card allowing almost everything (having a Danish phone number, a bank account, registering for a language course, borrowing a book in the library…), she advised me to be patient with the process. And that once in the system, I will appreciate its effectiveness.

And when I told her my anxieties about my job search, she confirmed my fears. Horsens is neither Copenhagen nor Aarhus, so it is difficult to find a job there. Many fail, especially since the priority here is to network, which is difficult when meetings are canceled day by day due to Covid-19.

She gave me expatriate advice that I am writing here in black and white to better assimilate them : soak up the expatriate situation, live the city, breathe the Danish air and take the time, because even going to the supermarket and choosing a carton of milk takes hours – which I confirm!

We also talked about her perception of Denmark and Horsens where she has now lived for 7 years.

The 3 things she likes about Denmark:

– Trust. You can lose something or forget your phone in a cafe, someone will bring it back to you.

– The organization of administrations. Everything is simple, easy, except the Post Office. Strangely enough, a lot of mail can be lost.

– Men are very involved in their roles as fathers and participate a lot in the education of children. There is a good balance between family and professional life. Employees often leave their desks at 4 p.m., even if it means finishing when they get home.

What annoys him about Horsens:

– She is sorry that the municipality does not make more efforts to integrate the accompanying spouses. Yet it is a necessity. A company that recruits an international « talent » also recruits its family and must make sure that the spouse, who are often wives – welcome to the 21st century – also build themselves in this expatriation project. Help them integrate, find a job that matches their aspirations, showcase their skills and also bring their added value to a company. When I told her that the person from the CCI told me about a job as a housekeeper (you never know, I don’t put that possibility in the trash), she found it ridiculous and thinks that Horsens must have the most qualified housekeepers in all of Denmark.

The 3 places she loves in Horsens:

– The pretty island of Endelave which seems to be one of the most beautiful islands in Denmark, a very natural island with birds, seals and lots of wild rabbits hence its nickname « Rabbit Island ».

– The Pyten restaurant with its panorma overlooking the Marina.

– The port of Snaptun and its opening onto the Horsens fjord, with the islands of Hjarno and Alrø quickly accessible by boat.

Her tips for learning a new language so that it doesn’t sound like gibberish:

– Duolingo: I actually use the application and do my daily exercises. I am now learning to say « I am eating an apple »; « Jeg spiser et æble ». You can also learn English, German, and even Esperanto.

– Swap language : There is a free part where you can get in touch with other people to chat. Only nobody answered me for 2 weeks. I think the best part is the paid part, at 129 crowns per month, so around 18 euros. But I’m currently looking for “free” tips, like exchanging my French for Danish by talking face to face.

– Be part of an association as a volunteer. It is therefore thanks to this advice that I became a volunteer at La Croix Bleue, in the same spirit as Emmaus.

I finally met Paula sometime after our video, and her presence is most caring. She enjoys helping others, we can see that. That’s why she volunteers so much.

Thank you to her for allowing internationals a good integration in Horsens, for asking how am I from me from time to time, and for including me in a future meeting with the municipality to improve the integration of non-Danish residents.

Also, thank you to her for lending me her food processor because mine was forgotten in France ! This allowed me to get a job in a tea house. Unfortunately, after the contract was drafted and the creation of new recipes to add to the menu, the boss of the tea room backtracked. I will definitely talk about it in a future article when the pill is gone.

See you soon.

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