Journal #4 – La recherche d’emploi au DK

Trouver un emploi au Danemark

Comment trouver du travail au Danemark ? Ou plutôt, comment trouver du travail dans le Jutland Central, sans parler danois, en pleine crise du Covid19 ?

J’accepte difficilement d’être sans emploi depuis le 16 octobre, suite à ma démission pour m’installer à Horsens avec mon mari. J’ai pourtant eu de la chance, j’ai rapidement eu deux entretiens. Un pour le poste de Kitchen Manager dans un salon de thé, et un pour être Sales & Product Responsible de la marque de vêtement VERO MODA sur le marché français. Pendant une semaine, j’ai été tiraillée par ce nouveau point de divergence. Dans quelle direction devrais-je aller ? Le choix du cœur : cuisiner de jolies recettes pour nourrir le ventre et l’esprit des clients d’un chouette salon de thé qui organise des évènements culturels. Tant pis si les congés ne sont pas payés et qu’il n’y a pas de cotisation pour la retraite. Ou le choix de la raison : travailler au sein d’une entreprise mondiale au chiffre d’affaire qui se compte en milliards, être challengée, travailler dans l’industrie du fashion ! Je m’en suis rendue malade, à devoir encore évaluer deux chemins différents, peser le pour, le contre, décevoir, ne pas être à la hauteur…

J’ai eu la joie d’être choisie par le salon de thé. J’ai adoré créer les recettes dans leur cuisine, les goûter ensemble et les photographier ! Et puis, deux petits jours seulement avant le lancement du nouveau menu, je reçois un appel de la propriétaire du salon de thé. Je vous la fait courte : « je suis désolée mais je me suis trompée. J’ai peur qu’il n’y ait pas de chimie entre tes hautes qualifications et le fait de couper des carottes tous les jours. Tu as de fabuleuses idées mais mon salon de thé est trop petit pour ton ambition ». Mes oreilles bourdonnaient, je voyais flou et mon ventre a recommencé à peser lourd. J’ai essayé de la convaincre d’essayer cette aventure ensemble, « The Food Journey » comme elle l’appelait, mais en vain. Ça m’a littéralement brisé le cœur et la confiance que j’essayai de faire grandir en moi dans ce nouveau pays. En parallèle, VERO MODA m’apprend que j’étais « seulement » en 3ème position, et qu’ils ont choisi de poursuivre la phase finale des entretiens avec une personne ayant déjà travaillé 4 ans pour le même groupe, et une autre ayant un lien avec des influenceuses mode en France.

J’ai pleuré. Je m’en suis voulu, qu’une situation aussi banale m’ai autant perturbée et m’ai fait traversé des émotions contradictoires… « Retour à la case départ », voire pire, aucune piste à l’horizon.

Trouver un emploi au Danemark

J’ai scolairement suivi tous les tutos de la plateforme e-learning Work In Denmark et j’ai activement participé aux Webinars organisés par le Pôle Emploi de la ville d’Aarhus. CV, candidatures spontanées, préparation à un entretien, bilan de compétences. La conseillère, qu’on appelle ici Job consultant, est une pépite. Elle s’appelle Rishma Maharaj (rien qu’écrire son nom me plaît). Elle est pétillante, professionnelle et peut passer une heure à corriger tes exemples de lettre de motivation ou t’appeler pour t’aiguiller sur la prise de contact LinkedIn. Mais c’est dur.

C’est dur de dire à voix haute qu’on est « sans-emploi », de passer ses matinées à envoyer des messages LinkedIn, mettre 3 heures à rédiger une lettre de candidature qui va passer à la trappe, essayer d’expliquer en anglais que tu cherches un travail blablabla.

J’ai récemment passé un test de personnalité pour une nouvelle offre d’emploi, un questionnaire MPA (Master Person Analysis), constitué de quarante groupes de quatre affirmations. Il fallait choisir l’affirmation qui, à notre avis, nous correspond le mieux (plutôt moi) et celle qui nous correspond le moins (plutôt pas moi). Ce test ambitionne de décrire notre comportement habituel dans un cadre professionnel. Dans son email, la RH me dit qu’il faut environ 20 minutes. Et qu’il faut répondre le plus vite et le plus sincèrement possible. J’ai été sincère mais j’ai mis 27 minutes… suis-je déjà hors-piste ?

Dans mon compte-rendu, l’analyse dit « Ce résultat caractérise une personne qui se demande le plus souvent si les autres ne sont pas animés par des arrière-pensées suspectes. Elle est souvent directe et peu influençable. ». Depuis je n’ai pas eu de nouvelles, je commence à douter de ma propre personnalité… Pire, apparemment, la suite serait un test de QI avec des exercices psychotechniques de suites logiques et de mathématiques. Et je passe en vitesse sur une énorme erreur que j’ai commise : laisser un message vocal sur le téléphone de la personne contact au sujet d’un poste A, en parlant du poste B. J’en rougis encore de honte. Autant rester au lit.

Si j’avais le temps et l’énergie, j’aurai déjà appelé toutes les entreprises du Jutland. Mais je dois mal m’organiser parce que j’en suis loin. Pôle Emploi prend déjà beaucoup de place dans mon agenda. J’ai dû réexpliquer ma situation à une dizaine de conseillers différents, et une conseillère m’a rappelé 4 fois dans le même après-midi (ma liste d’appels en est la preuve), pour me donner des explications contradictoires et sans jamais me donner son contact direct. Résultat, quand je dois les contacter, soit j’attends 17 minutes avant qu’ils me proposent de laisser un message vocal, encore sans réponse au bout de 72 heures, soit je dois déposer une « réclamation » pour poser une question. Alors qu’au Pôle Emploi danois, j’ai eu un gentil monsieur, très professionnel, me disant que oui, la France ne sait pas travailler par e-mail et envoie les documents par pigeon voyageur, et que, bien sûr, je peux lui envoyer directement ma demande à son adresse e-mail professionnelle. A l’administration française : prends-en de la graine. Je devrai peut-être monter un bureau d’étude financé par Emmanuel Macron pour dépoussiérer notre pôle emploi national.

Je garde en tête une idée ancienne : créer une autoentreprise pour donner des cours de français, faire des visites guidées (oui, ça on verra plus tard, le jour où les touristes ne seront plus une espère disparue), et vendre mes créations à l’aquarelle. Je sais, un peu utopique.

En parallèle à ma recherche d’emploi, je prends toujours autant de plaisir à écrire pour mon blog et je contribue désormais au média des expatriés au Danemark : Lepetitjournal.com/copenhague. Voir le Facebook ici.  

Voilà pour ce sujet de recherche d’emploi dans le Jutland Central, sans parler danois, en pleine crise du Covid19.

Je vous souhaite une belle journée.

Ha en dejlig dag !

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