Journal #2 – Le contrecoup

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Jusqu’à très récemment, chacune de mes minutes étaient occupées par un appel téléphonique, un rendez-vous, un devis, une réunion. Et même si ces 20 premiers jours ici ont été bien remplis, un sentiment de désœuvrement flotte au-dessus de moi. Être expatriée c’est se confronter à la lenteur administrative, à la peur de ne pas avoir son permis de séjour, et, pour les conjoints suiveurs, au décrochement professionnel.


Pourtant, j’en ai fait des choses en 20 jours ! Trouver un appartement, emménager, découvrir Horsens et les environs en passant du temps à deux, cuisiner, me déplacer jusqu’au Job center, jusqu’à la mairie, rencontrer des personnes de la CCI, suivre des webinars sur le marché du travail danois, la création du blog… Mais trop d’idées fusent dans ma tête sans se concrétiser. Être partout et être nulle part.


A quoi postuler sans parler danois et dans une petite ville ? Comment postuler sans numéro de citoyenneté ? Comment apprendre la langue sans débourser une fortune ? Comment se construire ailleurs ? Et, catastrophe, que faire s’ils ne me donnent pas de permis de séjour ?


Les matins sont durs au démarrage et aujourd’hui il m’est encore impossible de ne pas culpabiliser quand je pars en balade. Je n’ai pas regardé 1 seul épisode de Netflix en étant seule depuis mon arrivée, ni terminé Au Bonheur des Dames de Zola que j’avais acheté avant mon départ. Alors je me concentre sur mon idée de blog, en demandant à des personnes une rencontre pour partager leurs histoires. Et puis j’ai aussi eu envie de me mettre à la peinture. Mon mari m’a rappelé le point de croix que j’avais commencé il y a 4 ans et qui est toujours dans sa pochette, quasiment intouché. Je suis quand même allé m’acheter du matériel. Mais comme j’endosse mon rôle d’écureuil, j’ai acheté de la peinture de mauvaise qualité, du papier qui gondole, et des pinceaux qui perdent leurs poils. Un résultat ressemblant à un dessin de grande section maternelle.


Une expatriée que j’ai rencontrée m’a dit de souffler et d’accepter qu’il faille du temps pour que tout se mette en place. Seulement, tout me stresse – mais ça c’est pas nouveau – même la recherche d’un photomaton ! Introuvable à la grande surface Bilka, on a traversé toute la ville jusqu’à la gare pour être sûre qu’il y en avait un, qu’on a trouvé cachée dans un recoin.


Pour me sentir comprise dans mes montagnes russes émotionnelles, j’écoute les podcasts Expat Heroes créés par Cristina Filipe Araujo. Merci pour ça Cristina ! Les expatriés y parlent de leurs projets et des villes où ils habitent. Je n’ai pas encore tout écouté et même si certaines histoires me font sentir inférieure : de beaux projets de création d’entreprise comme The Musettes, un site web qui met en lumière les femmes accompagnatrices devenues entrepreneures à l’étranger, ou même si des situations financières sont bien différentes, ces podcasts sont une source de belles histoires à écouter, qu’on soit expat ou pas !


Pour terminer, je garde en tête ce texte de Rob Brezsny, l’horoscope le plus vrai et le plus excentrique que je lis tous les jeudis sur le site du courrier international. Celui ci est un horoscope que j’ai lu juste avant mon départ et qui, l’espace de 5 minutes, m’aide à accepter d’être encore partout et nulle part :

« Qui ne s’est jamais perdu n’est pas un bon explorateur » décrète John Perry Barlow, bouillonnant poète-paysan, libertaire, et inlassable touche-à-tout. J’ajouterais qu’un bon explorateur doit nécessairement se perdre de temps à autre et laisser le hasard le mener vers des rivages inconnus. Tu as déjà entrepris une marche de reconnaissance vers de nouveaux territoires et le moment est maintenant idéal pour te perdre. Les nouveaux horizons qui s’ouvrent à toi seront délicieusement déroutants et tu ne manqueras pas d’audace pour t’y enfoncer. Continue de te perdre, courageux Capricorne. C’est le moyen de faire ton chemin. »

Bonne semaine !

My Home
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Until very recently, every minute of my life was taken up with a phone call, an appointment, a quote, a meeting. And although the first 20 days here have been busy, a feeling of idleness hangs over me. Being an expat means having to deal with administrative slowness, the fear of not having a residence permit, and, for accompanying spouses, with professional withdrawal.

I did so many things in 20 days! Finding an apartment, moving in, discovering Horsens and the surrounding area while spending time with myhusband, cooking, going to the Job center, to the town hall, meeting people from the Chamber of commerce, following webinars on the Danish labor market , the creation of the blog… But too many ideas are popping up in my head without materializing. To be everywhere and to be nowhere.

What to apply for without speaking Danish and in a small town? How to apply without a citizenship number? How to learn the language without spending a fortune? How to build yourself elsewhere? And, disaster, what if they don’t give me a residence permit?

Mornings are hard at the start and today it is still impossible for me not to feel guilty when I go for a ride. I haven’t watched a single episode of Netflix alone since I arrived, nor completed Au Bonheur des Dames de Zola which I bought before I left. So I focus on my blog idea, asking people to meet and share their stories. And then I also wanted to start painting. My husband reminded me of the cross stitch I started 4 years ago and which is still in its pocket, almost untouched. I still went to buy some equipment. But because I take on my role as a squirrel, I bought poor quality paint, curled paper, and brushes that are losing their hair. The result made me things of kindergarten…

An expat I met told me to take a breathe and accept that it takes time for everything to fall into place. But everything stresses me out – but that’s nothing new – even the search for a photo booth! Unable to find at the Bilka supermarket, we drove all over town to the Train station to make sure there was one, which we found hidden in a corner.

To feel included on my emotional roller coaster, I listen to the Expat Heroes podcasts created by Cristina Filipe Araujo. Thanks for that Cristina! Expats talk about their projects and the cities where they live. I haven’t listened to everything yet and even if some stories make me feel inferior: beautiful business creation projects like The Musettes, a website that highlights women guides who have become entrepreneurs abroad, or even if financial situations are very different, these podcasts are a source of great stories to listen to, whether you are an expat or not!

To conclude, I keep in mind this text by Rob Brezsny, the truest and most eccentric horoscope that I read every Thursday on the International Mail site. This is a horoscope that I read just before I left and which, for 5 minutes, helps me accept that I am still everywhere and nowhere:
« Whoever has never got lost is not a good explorer, » declares John Perry Barlow, a bubbling poet-peasant, libertarian, and tireless jack-of-all-trades. I would add that a good explorer must necessarily get lost from time to time and allow chance to lead him to unknown shores. You have already embarked on a reconnaissance walk to new territories and now is the perfect time to get lost. The new horizons that open to you will be deliciously confusing and you will not be lacking in the daring to push yourself into them. Keep losing yourself, brave Capricorn. This is the way to get your way. « 
Good week !

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3 commentaire

  1. Nous t’avons officiellement « perdu » de la bulle mais
    Ravie de te retrouver à travers ces lignes Leslie !
    Il faudra penser à donner l’adresse de ton blog aux résident s de Rosa G si le cœur t’en dis ! 🤩 ça va drôlement les occuper !
    L’absence de capacité à se concentrer, lire etc est peut-être dû à l’absence ou la diminution du sentiment de sécurité ! J’avais lu ça à propos des enfants qui n’arrivaient pas à se Concentrer !
    L’expatriation est certainement plus dure pour les conjoints suiveurs que pour les expats qui, eux, ont un but un cadre une mission …
    On se fait un Skype soon : promised Take care
    Caroline

  2. Michel Gosse ( Rosa Gallica )

    Goddag Leslie, Je découvre votre blog avec grand plaisir. J’ai connu également les angoisses des expatriés et rapidement la joie de vivre au Danemark c’était en 1946 je n’avais pas encore 14 ans. Je ne connais pas le Jutland mais particulièrement Le Sjaeland où j’ai vécu seul au sein d’une famille qui ne parlait que le danois…Je pratique encore un peu cette langue..
    Je vous souhaite bon courage, cordialement M Gosse. et Mme Billaud

    1. Comme je suis heureuse de vous lire ! Et très curieuse de la raison de votre voyage en Sjaeland ?
      Je vous espère heureux tous les deux,
      Jeg glæder mig til at høre fra dig!
      Hilsner,
      Leslie

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